À trente ans, Pomme signe son cinquième album et prend pour la première fois seule la direction artistique de son disque, après avoir travaillé avec Waxx, Albin de la Simone ou Flavien Berger. Elle reste entourée de ses musiciennes complices Michelle Blades, Pauline Denize, Zoé Hochberg et Corentin Ollivier.
la forteresse est une image qui l’accompagne depuis longtemps : un lieu qui protège autant qu’il enferme. La métaphore s’est enrichie lors du tournage de Peau d’homme, adaptation du roman graphique de Zanzim et Hubert, où Pomme incarne Blanche, une jeune femme qui se travestit en homme. De cette période, nourrie également par sa participation à la bande originale composée par Bryce Dessner (The National), est né en partie cet album. Composé entre tournées, résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto, studio d’Aaron Dessner aux États-Unis et Château de la Haute-Borde, la forteresse se déploie en quatre chapitres : l’enfance, l’amour et les traumas, la traversée du mur, puis l’arrivée de l’autre côté. Une créature mi-humaine mi-chauve-souris, enfermée depuis des siècles, en incarne le fil narratif. Inspirée par l’imaginaire médiéval, Bosch, Miyazaki, Jacques Demy ou encore La Horde, Pomme mêle folk, synthétique et orchestrations plus riches. Longtemps pensé en piano-voix, l’album a été enregistré en live aux Studios de la Fabrique pour conserver l’énergie du jeu collectif. Elle y aborde des thèmes intimes et contemporains : les débuts difficiles dans l’industrie musicale, la solitude, l’épuisement, le passage aux trente ans, l’anxiété écologique et les modèles amoureux actuels.