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Critique du 13 AVRIL
Alec
Empire
NO TEENAGE RIOT
Même si sa musique est un peu moins extrémiste que celle de son
précédent projet Atari Teenage Riot, Alec Empire demeure
un des plus grands terroristes sonores en activité. et il ne semble
pas prêt à faire dans le consensuel et le politiquement correct.
Bien au contraire. Son concert dans le cadre des Volcaniques
de Mars, à la Coopérative de Mai, était en effet dans la
lignée de son dernier opus, le très punk Futurist, c'est-à-dire
d'une rare brutalité. Il faut dire que dans le couple (à la ville,
comme à la scène) Alec Empire/Nic Endo, la répartition
des taches s'établit ainsi : monsieur hurle des textes anarcho destroy
dans un micro sursaturé et joue de la guitare thermonucléaire, pendant
que madame saccage consciencieusement des sons extra terrestres
avec ses machines.

Les titres électro punk d'Alec Empire joués en concert sont
tout à fait de nature à déclencher une Teenage Riot, malheureusement
en ce jeudi soir, le public est apathique et peu nombreux, ce qui
n'est pas propice aux débordements. Dommage. Cela n'empêche pas
Alec et son corps bodybuildé de faire le show, comme on dit. Torse
nu façon Iggy Pop, muscles saillants, poings menaçants, mâchoire
serrée, regards noirs et guitare électrique, en partie pour la pose.
Notre homme double les parties enregistrées pour les rendre encore
plus violentes, et pour se donner une contenance rock 'n roll sur
les planches. C'est un déluge de rythmes frénétiques, de guitares
concassées et de cris stridents qui s'abat sur le public, peu réceptif
malgré le caractère immédiat des morceaux, tous plus puissants les
uns que les autres. Les bidouillages électroniques « digital hardcore
» sont moins bruitistes qu'avant (certains le regretteront), mais
l'hommage qu'Alec Empire veut rendre au punk anglais
est parfaitement réussi. Il n'y a qu'à écouter les titres Kiss
of death ou Gotta get out pour s'en convaincre.

En bon disciple du chanteur des Stooges, notre
homme aimerait toutefois un peu plus de participation du public.
Il se jette donc sur un groupe de gens innocents après avoir menacé
de slammer pendant un certain temps, en gardant une pose inquiétante,
en équilibre sur les barrières de sécurité. Mais rien n'y fait,
la foule ne rentrera pas en ébullition et Alec Empire n'aura
pas droit à un slam d'anthologie. Il ira s'asseoir au fond de la
salle pour bouder quelque secondes, avant de remonter finir le boulot,
avec une Nic Endo, toujours impassible, mais qui ne quittera
la scène qu'après un joli solo de bruit annonçant la fin du show.
Il faudra revoir ce couple infernal dans une ambiance plus punk
et plus chaude.
Sites Internet : www.digitalhardcore.com,
www.inforockauvergne.com.
(Photo Flore-Anne
Roth)
Pierre Andrieu
Lire aussi la chronique de Jean-Michel
Planat sur les Volcaniques de Mars.
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