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Critique du 13 AVRIL
Queen Adreena
UN ROCK SHOW AUSSI VIOLENT QU'éMOUVANT.
Une nouvelle fois en grande forme, Queen Adreena n'a pas
fait mentir sa sulfureuse réputation scénique. Trois ans après nous
avoir maintenu sous le charme de ses morceaux vénéneux pendant la
totalité de son concert au festival Les femmes s'en mêlent
à Paris,
le groupe a réitéré sa performance en dévoilant au grand jour tous
ses atouts à l'occasion des Volcaniques de Mars,
à la Coopérative de Mai.
Si le groupe - guitare, basse, batterie - est impeccablement virulent
(il produit un mélange de punk stoogien, de métal inquiétant et
de pop maléfique), c'est bien la performeuse/frontwoman qui retient
l'attention avec un jeu de scène ultra sexuel façon Peep show sado
maso et une voix littéralement envoûtante. La belle est en effet
capable de susurrer comme Marilyn Monroe et Björk,
mais dispose également d'une puissance de feu évoquant un mix terrifiant
entre une Courtney Love en forme et une Jonis Joplin
survoltée. L'image d'Iggy Pop hurlant dans son micro comme
un damné vient également à l'esprit quand on est en face de ce rock
show ultra violent. Il faudrait d'ailleurs présenter Iggy et Katie,
ils pourraient accoucher d'un duo aussi jouissif que celui enregistré
par l'iguane avec Peaches.
Pour résumer, Katie Jane Garside est une véritable riot girl
ayant plusieurs cordes à son arc ; elle sait aussi varier les plaisirs
et se faire plus douce, voire carrément émouvante pour deux passages
a cappella bouleversants. Les poses délicieusement obscènes et les
gestuelles de strip teaseuse rock 'n roll se succèdent, et si l'on
voit très bien où elle veut en venir (elle cherche à nous exciter,
et bien c'est réussi !), on se laisse saisir par la puissance des
morceaux. Car si ceux-ci n'ont rien de vraiment original, ils ont
tous un côté extrêmement percutant ou subtilement touchant. Impossible
de sortir de la salle ou de détacher ses yeux du halo de lumière
métallique se dégageant de la scène. Un des co-responsables de cet
envoûtement collectif n'est autre que le guitariste androgyne, Crispin
Gray. Il assure comme une bête derrière sa guitare monstrueusement
énorme, et c'est donc sur un déluge de fer et de feu que surfe sa
compagne dominatrice. Pour le remercier, celle-ci n'ira pas jusqu'à
le tabasser en public comme la dernière fois où nous avions vu Queen
Adreena sur scène, elle se contentera seulement de le jeter
à terre quand notre homme se rapprochera trop près d'elle avec son
terrible engin électrique.
Tout ce cirque ultra rock 'n roll, se termine par un rappel mémorable,
la belle reste seule sur scène pour interpréter avec mæstria une
version a capella de Jolene de Dolly Parton, un tube
également repris par Jack et Meg White Stripes. Des frissons
parcourent tout le corps pendant ce moment magique. Et c'est déjà
la fin. Vivement le prochain rendez-vous avec Queen Adreena
!
Sites Internet : www.queenadreena.com,
www.inforockauvergne.com.
(Photo Flore-Anne
Roth)
Pierre Andrieu
Lire aussi la chronique de Jean-Michel
Planat sur les Volcaniques de Mars.
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