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Critique du 13 AVRIL
THE ELEKTROCUTION UBER ALLES !!!
Déjà responsables d'un concert joliment percutant en Auvergne il
y a deux ans, les Rouennais de The Elektrocution sont revenus
en mettre une (bonne) couche à l'occasion des Volcaniques
de Mars 2006. En écoutant leur très bon premier album Open
heart surgery, on se doutait que les nouveaux morceaux
avaient un potentiel pour faire hurler, pogoter et rendre hystérique
en concert. Mais ce qui s'est produit dans la grande salle de La
Coopérative de Mai a dépassé l'entendement : à peine arrivés sur
les planches - tardivement, à 1h30 -, devant une petite centaine
de personnes (éberluées au début, puis très rapidement en transe),
les cinq jeunes électriciens partent immédiatement en travers sur
l'autoroute de l'enfer.

Le chanteur enchaîne les poses rock 'n roll, en n'oubliant pas de
hurler comme il faut, c'est-à-dire à s'en faire péter les cordes
vocales. Ce monsieur agité par des soubresauts électriques semble
connecté directement à l'électricité des amplis ! Ses acolytes branchés
sur le 220 volts ne sont pas en reste quant à eux : ils réussissent
à produire le plus de vacarme heavy punk possible, tout en faisant
le spectacle avec toute une série de facéties réjouissantes. Et
vas-y que je trépigne comme un maniaque en jouant de la guitare.
Et hop, un pied sur les retours et un regard de tueur pour le bassiste.
Aie aie aie, une belle glissade sur les genoux pour un des guitaristes
fous, et dans un déluge de distorsion, cela va de soit. Ohhh, et
le batteur ? Il est plus énervé qu'un karatéka en pleine action.

Il se passe tellement de choses sur scène, qu'on ne sait plus où
donner de la tête ; et l'on se dit qu'on a en face de soi, là à
deux mètres, un des tout meilleurs groupes de scène français. Oui,
carrément. Ce n'est pas pour rien qu'un titre de leur album a pour
nom Elektrocution uber alles : ces gars-là sont clairement
au-dessus du lot ! Car les morceaux, entre punk rock, hard rock
et rock garage sont au niveau de la prestation scénique : c'est-à-dire
furieusement excitants. Pour ceux qui les jouent, bien sûr, mais
surtout pour l'assistance, désormais au septième ciel du rock 'n
roll après avoir connu les affres de l'enfer New Wave variétés avec
les ridiculissimes The Epoxies, un peu plus tôt dans la soirée.

Voilà un samedi soir, comme on aimerait en vivre plus souvent. Dans
les rangs clairsemés du public, certains se mettent à pousser des
cris d'animaux en rut, d'autres tentent d'escalader les barrières
en vociférant dans les oreilles du malheureux photographe se trouvant
entre eux et le groupe. On a même vu des gens se jeter les uns sur
les autres, dans une ambiance virile, mais correcte. C'est un peu
normal, ces comportements peu recommandés pour le cour ; l'hallucinante
énergie dégagée par le groupe ne faiblit pas un seul instant jusqu'à
la fin du concert. Au contraire, on a même la sentiment que ces
dangereux fous du volant accélèrent dès que c'est humainement possible.
Mais pas de sortie de route pour autant, leur répertoire en acier
trempé leur autorise toutes les acrobaties, sans aucun risque de
temps mort. En plus d'être d'une simplicité touchante (ils remercient
humblement, en ayant l'air presque surpris de l'accueil qui leur
est réservé), les membres de The Elecktrocution ont une énorme
puissance de feu sous le capot, et leur moteur a de la reprise.

En fin de set, après un rappel fort mérité, le New Rose de
The Damned se voit donc interprété avec une conviction et
un enthousiasme jubilatoires, selon l'expression consacrée. Il faut
sans tarder réinviter ce groupe authentique et doué pour un garage
club à la Coopérative de Mai. En ces temps où les poseurs sans une
once de talent remuent de l'air en recopiant petitement leurs héros,
c'est bien le moins que l'on puisse faire, non ?
A lire également, un compte-rendu de concert de The Elektrocution
donné à Clermont-Ferrand
en 2004.
Sites Internet : www.elektrocution.com,
www.myspace.com/elektrocution,
www.overcomerecords.com,
www.inforockauvergne.com.
(Photo Flore-Anne
Roth)
Pierre Andrieu
Lire aussi la chronique de Jean-Michel
Planat sur les Volcaniques de Mars.
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