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Critique DU 14 MARS
Depuis 1999, date de la première
édition des Volcaniques De Mars, le festival
aura vu passer grand nombre de groupes et d’artistes. Mais,
cette édition 2006 va pousser les choses encore plus loin.
Avec une programmation plus large mais risquée, le festival
semble vouloir ratisser sur tout le territoire.
Soirée rock’n’world…
En cette Journée de la Femme, c’est
au duo nantais Mansfield Tya que revient la lourde
et délicate charge d’ouvrir le festival.
Arrivant sur scène rongées par le trac, les deux jeunes
femmes vont rapidement conquérir un public malheureusement
très restreint. Et elles vont le faire de la plus belle et
de la plus douce des façons. Entre ballades folk et ambiances
pop ténèbro douloureuses, Julia et Carla vont attirer
notre attention pour ne plus la lâcher. Je suis même
incapable de vous dire le temps qu’a duré le set. Mais
peu importe. La grâce, la sensibilité et l’émotion
étaient au rendez-vous. N’est-ce pas là le plus
important ?
Il parait même qu’une « figure » de la Coopé
aurait lâché une larme… Mais chuuuuut !
Changement de décor et de style avec l’orchestre
Lo’Jo.
Pour son premier passage à Clermont-Ferrand, Denis
Péan et sa troupe vont nous promener à travers
le monde. Et même si je ne suis pas fan, il faut reconnaître
que le bonhomme vaut le détour. Comme venu d’ailleurs,
cet homme rempli de mimiques et de grimaces, déverse des
textes torturés où le décodage n’est
pas toujours simple. Il n’en reste pas moins que l’orchestre
Lo’Jo mérite d’être vu.
Pour terminer cette soirée, c’est
La Milca qui a été désignée.
Malheureusement, étant septique et pensant déjà
aux jours suivants, je décide d’aller voir plus loin…
Soirée soucoupes violentes…
Avec six groupes au programme, cette deuxième
soirée s’annonce sévère et éprouvante
physiquement.
Il est 20h30 précises quand le groupe Expérience
entre sur la scène du club. Et là, ça ne va
pas être la même qu’hier !!! Durant quarante-cinq
minutes, nous allons subir une musique difficilement supportable
surchargée de textes débiles…
Le passage dans la grande salle sera le bienvenu.
Il ne fallait d’ailleurs pas trainer. Car
les quatre trublions peroxydés de The Briefs
avaient déjà démarré leur set dare dare.
Trente-six minutes « montre en main ». Qui dit mieux
? Le punk rock n’est pas mort et même si nos quatre
garnements ne nous ont pas mis sur le cul, il est fort agréable
de se retrouver devant une telle débauche d’énergie.
Quant au look des quatre « ricains »… il n’y
a vraiment rien à redire.
La suite de la soirée va nous faire rentrer
dans une autre dimension.
Nous allons tout d’abord enchainer avec les new yorkais de
Unsane. Présentant un nouveau line up (changement
de batteur), les géniteurs du noisy rock vont nous livrer
un set de grande intensité. Son lourd et surpuissant, voix
pesantes et saturées, le band de Chris Spencer
va tout ravager sur son passage. L’arrivée, en fin
de set, d’un autre guitariste ne fera pas tomber la pression
!!! Mais ça, vous vous en doutiez.
La première claque passée, il ne nous reste plus qu’à
tendre l’autre joue. Ce que nous n’allons pas tarder
à faire.
Après une petite binouze réparatrice,
il est temps de remettre la gomme afin de rester concentré
sur son sujet.
Et concentré, nous allons l’être rapidement.
Car l’entrée sur scène de Alec Empire
ne laisse pas indifférent. Sculpté à grands
coups de fonte, le berlinois en impose. D’ailleurs le seul
problème du set réside peut-être là.
Ce mec se prend pour Dieu, et il en joue plus que de raison. Mis
à part cela…
Entouré d’un batteur remarquable et d’une brune
rigide mais efficace aux machines, le rock indus délivré
sera d’une très grande puissance. Arpentant la scène
dans tout les sens sous un déluge de « light »
agressives, le show man qu’il est va nous en mettre plein
la gueule et plein les yeux. Et pan, la deuxième tarte de
la soirée vient de tomber.
Ce mec est pétri de talent. Ça nous le savions. Mais
là, nous en sommes réellement convaincus. Le retour
sur terre s’annonce difficile.
Le changement de salle ne me fera pas redescendre
de mon nuage. Pas plus que L’enfance Rouge
d’ailleurs. Il faut dire que la fatigue, les binouzes et le
déluge sonore ont fait leur travail de sape. Je n’aurai
ni le courage ni l’envie d’attendre Justin Broadrick.
Tant pis pour moi.
Soirée gothique….
Cette troisième soirée, avec seulement
quatre groupes (mais non, je rigole……) ne s’annonce
pas non plus de tout repos.
Nous allons attaquer déjà très
fort avec les français de Time To Burn.
Dans un style mi noisy, mi hard core, les quatre gars ne vont pas
s'en laisser compter. Son surpuissant, voix dégueulante,
le déluge annoncé est en route. Trente-cinq minutes
durant, nous allons subir avec plaisir toute la hargne transpirante
de Time To Burn. Bravo les gars. Et surtout n’hésitez
pas. Vous repassez quand vous voulez.
Attention, phénomène !!! Avec Queen
Adreena c’est le moins que l’on puisse dire…
C’est seulement accompagnée d’une bouteille de
vin blanc que Katie Jane Garside arrive sur scène.
Et là, le charme opère déjà. Habillée
de façon très légère, KJG va interpréter
le premier morceau à capella. Voix superbe, corps mis en
valeur, le set débute parfaitement et la suite ne va pas
dépareiller. Dès lors, le combat s’engage entre
la belle et le guitariste Crispin Grays. L’alchimie
qui se dégage de cet ensemble est surprenante. Et même
si la section rythmique est plus statique, tout est superbement
joué. Le son est bon et les « light » bien adéquates.
Le show Queen Adreena est lancé. Extraordinaire,
hallucinant, suffocant, extravagant, scotchant, renversant, les
termes me manquent. Certaines diront que cela est trop. Que la femme
est encore prise pour objet. Oui, sûrement. Mais où
sont les limites de KJG ? Son guitariste de mari ne semble pas lui
en donner. Du moins sur scène… Bien sûr cela
interpelle. Mais mon Dieu que c’est beau et chaud.
Nous allons carrément changer de style avec
The Young Gods.
Bien moins sexy que KJG, le trio suisse va nous secouer les méninges
différemment. Il faut dire que ce ne sont pas les premiers
venus. Certes ils peuvent paraître un peu dépassés,
mais putain que c’est bon de se faire bouger comme ça.
De l’électro rock de haute volée. On comprend
mieux l’influence de ces messieurs sur les sons actuels. Une
heure de réel bonheur.
Nous allons clôturer cette soirée avec
les inimitables et rocambolesques toulousains de Punish
Yourself.
Adeptes du body-painting, l’entrée sur scène
vaut des points. Crêtes en avant, maquillage fluo de la tête
aux pieds, lumières noires (pour amplifier le tout), déluge
sonore et hop le tour est joué. Le bordel commence.
Alternant les morceaux punks, indus, techno, voire mélangés
le quatuor va cracher sa sauvagerie à la face d’une
foule de plus en plus excitée. Ce n’est pas l’adjonction
du cinquième élément qui arrangera la sauce.
Bien au contraire. La jeune femme va entretenir l’ébullition
ambiante. Tablier de métal sur le ventre ou poitrine à
l’air, elle va jouer aussi facilement avec son corps qu’avec
sa disqueuse Black & Decker !!!Le spectacle est aussi
surprenant qu’ahurissant.
Soirée rock’n’fun…
La quatrième et dernière soirée
des Volcaniques à la Coopé, va nous
proposer encore six groupes. Histoire de nous finir tranquillement…….
Dans un club se remplissant tranquillement, c’est
le combo local Aftersun qui va se charger de faire
monter la sauce. Jouant un rock agressif, les quatre gars vont mettre
beaucoup d’énergie dans leur set. Malgré tout
cela, il manquera quelque chose au final.
C’est avec impatience, curiosité mais
aussi inquiétude que j’attends « nos quatre filles
» de Subway.
Avec Amandine en nouvelle tête de proue, leur première
sortie à la Coopé est très attendue. Et nous
allons rester quelque peu sur notre fin. Attendons-nous trop de
Subway dès aujourd'hui? C’est possible, mais
le groupe a encore besoin de se roder. Rien n’arrive comme
cela, elles le savent mieux que personne. Mais le plaisir de revoir
les filles sur scène nous a réjouis. N’est-ce
pas un bel encouragement ?
Nous traversons le hall pour rejoindre la grande
salle où nous attendent The Epoxies.
Et là, l’effet de surprise va être total. Nous
allons nous retrouver face à quatre mecs entourés
d’une greluche déguisée en écolière
refoulée. Pour la musique, je n’ai qu’une chose
à dire. Nous avons enfin découvert les Superbus
américains !!! Comme quoi, il est aussi possible de faire
de la merde de l’autre côté de l’Atlantique.
Mais est-ce une véritable surprise ?
L’heure est déjà bien avancée
lorsque Louis XIV débarque sur scène.
Mais cela valait le coup d’attendre. Le combo américain
va nous servir un set de grande qualité. Jouant très
seventies, nous nous retrouvons rapidement pris de bougeotte. Un
son clair et affuté, peu de discours et une efficacité
remarquable. Le bémol viendra de la durée. Dix minutes
de plus n’auraient rien gâché.
Nous voilà enfin sur de bons rails pour
recevoir les rouennais The Elektrocution.
Je n’irai pas par quatre chemins. Ces mecs là sont
au-dessus du lot. Oui, oui, bien au delà de tous les groupes
qui ont défilé devant nous durant quatre jours. Jouant
un mélange de garage punk teinté heavy, la déflagration
sonore sera au summum. Tout à fond. Les compositions sont
remarquables, l’envie transpire de leur front, la furie est
dans leurs yeux. La passion est palpable. Tout n’est que plaisir.
Mon Dieu que cela est réjouissant. L’envie de pogoter
et d’hurler sa joie n’est plus tenable. Pierre sera
d’ailleurs pris de clonies accompagnées de cris stridents
difficilement supportables !?!?! C’est dire l’état
d’excitation dans lequel nous a mis The Elektrocution.
Courez acheter leur album Open heart surgery et vous comprendrez
mieux.
Ces mecs-là méritent un Garage
Club. Ce ne sont pas les cent personnes présentes
qui diront le contraire. N’est-ce pas François ?
Je n’ose même pas les imaginer sur la scène du
club devant quatre-cent vieux loups prêts à hurler
de bonheur…
C’est repu et cassé que nous retraversons
le hall afin de nous réhydrater. Mais les discussions vont
bon train sur les rouennais. La claque va laisser des traces.
La soirée va se terminer avec Chewbacca
All Stars.
Le groupe d’Orléans va nous faire passer un bien agréable
moment. Délivrant un rock teinté de soul et de groove,
le set proposé va nous faire redescendre sur terre de la
plus belle des façons. Les yeux pleins de rêves…
Un grand merci aux organisateurs pour avoir osé
une telle programmation.
A l’année prochaine en espérant que l’équilibre
financier soit au rendez-vous.
Jean-Michel Planat
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