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Critique du 2 novembre
Le dimanche 30 octobre restera-t-il
gravé dans les annales de la Coopé ? Pour certains,
la question ne se pose même pas. N'est-ce pas Pierre ! Par
contre, pour la majeure partie du public présent ce soir-là,
hormis les frileux et les tendres de la feuille, la réponse
est oui. Alors pourquoi me direz-vous ? Récit
La première explosion surviendra à dix-neuf heures
quinze. Eric Sardinas en sera le responsable. Habillé
" pat d'eph ", chemise vaporeuse, vieux stetson
sur la tête et santiags blanches aux pieds, le longiligne
guitariste va nous assommer d'entrée de jeu. Dans son style
blues rock bien épais, la tuerie est en marche. Quarante-cinq
minutes durant, rien n'arrêtera la tornade Sardinas.
Mon Dieu, ce mec est fabuleux. Je l'adorais déjà sur
disque mais là, je suis
aïe aïe aïe
aïe aïe !
Sa vitesse d'exécution est monstrueuse. Il torture sa six
cordes avec une facilité déconcertante. Tout y passera.
Du blues made in delta au son plus sudiste. Mais le "
clou " du set sera, sans aucun doute, le deuxième morceau.
Durant plus de quinze minutes, nous allons friser l'apoplexie. Tout
en apnée
La seule chose à redire, viendra de la balance. Sa guitare
couvrant beaucoup trop sa voix. Dommage, car il sait aussi chanter.
La deuxième explosion surviendra, quant à elle, à
vingt et une heure vingt-cinq. Habillé tel un gourou, Steve
Vaï avance sur scène dans un brouhaha incandescent.
Affublé d'une guitare double manche, le " maître
" de cérémonie va donner le ton. Bien entendu,
le son est fort pour ne pas dire très fort. Mais la balance
est parfaite. Le son est clair, les instruments distincts. Et là,
pendant deux heures quarante, Steve Vaï et ses petits
camarades de scène (que du gratin d'ailleurs) vont assurer
comme des bêtes. Tout ça sent le show à l'américaine.
Propre, calé, sans débordement. Tout roule sans encombres.
Les lumières sont superbes. Nous frisons le feu d'artifice
! Tout est presque trop. Mais revenons à la musique.
La démonstration attendue est bien là. Cet homme a
des mille pattes à la place des doigts !!!
Changeant de guitare, comme d'autres changent de gants, les morceaux
s'enchaîneront avec la plus grande efficacité. Tantôt
lents. Tantôt rapides. L'alternance sera de bon goût.
Le passage le plus chiant sera la partie dite acoustique. Avec des
" solos " longs lassants.
Le retour à un son plus électrique sera le bienvenu.
Le final sera d'ailleurs époustouflant. Figurez-vous que
Monsieur Sardinas en personne réapparaît sur
scène à la demande de Steve Vaï. OOOOOOh,
ceci n'est pas une réelle surprise me direz-vous ? Certes.
Mais toute la salle attendait ce retour. Et là, pas de chichis.
Vous prenez dans la gueule trois guitares de front (cela me rappel
Lynyrd Skynyrd en concert, toutes proportions gardées).
Sur le cul je vous dis, sur le cul
Voilà, il est l'heure d'aller reprendre des forces au bar
et de reparler de ce merveilleux moment.
Jean-Michel Planat
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