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Critique du 7 décembre
The Rakes vainqueurs par KO après
50 minutes de combat rock
Des concerts coup de poing comme celui donné par le groupe anglais
The Rakes à la Coopérative de Mai, le samedi 5 novembre 2005,
on en redemande ! En 50 minutes chrono et 16 titres (dont autant
de tubes !), les quatre londoniens ont littéralement mis à genoux
le public, saoulé par les coups répétés portés à la tête et aux
jambes. Pas très fair play certes, mais bien agréable, cette implacable
déferlante de guitare/basse/batterie/voix. Littéralement saisi par
des déflagrations punk, rock et pop du niveau de Terror !,
22 Grand job, Work work work (pub, club, sleep), Strasbourg
ou encore We are all animals, le public se transforme dès
les premiers instants du concert en cobayes de laboratoire, véritables
machines à danser et à sourire. Aucun temps morts, pas une seule
baisse de régime (même les inédits, au nombre de cinq, sont imparables)
: du hit post punk original enchaîné avec maestria par un impeccable
combo, content de jouer et ravi de l'accueil enthousiaste du public.
On peut boire une bière tranquille,
oui ?
Que demander de plus ? Pouvoir boire une bière tranquillement !
C'est impossible messieurs dames : avec l'énergie déployée sur scène,
on ne peut s'arrêter de trépigner comme un marsupilami sous ecsta,
de sauter en l'air, voire de tenter des chorégraphies New Wave.
Et forcément, on se déverse la moitié du précieux liquide sur les
vêtements. Ah, c'est malin ! Peu importe finalement, car la très
agréable impression d'être téléporté aux Bains Douches, à Paris
en 1979 pour un concert de Joy
Division est plutôt bienvenue ! Il faut dire que le classieux
chanteur Alan Donohoe se fait fort de ressusciter Ian
Curtis avec cette voix aussi puissante que tragique et ces danses
frénético épileptiques. On pourrait aussi se croire au CBGB à New
York à la même époque avec les Talking Heads sur scène, tant
les petits camarades de jeu du chanteur - qui emprunte aussi beaucoup
au génial David Byrne - sont doués pour bâtir de violents
hymnes de Psycho killers (qu'est ce que c'est ?). Revue des
effectifs. On trouve de gauche à droite en regardant la scène :
Matthew Swinnerton, un guitariste tout simplement divin (pour
qui aime aussi bien les redoutables Wire que les insurpassables
Clash) se cachant sous les traits d'un prof de maths à lunettes,
Jamie Hornsmith, un gamin boudeur épatant à la basse, et
Lasse Petersen, un sosie d'Alex Kapranos de Franz
Ferdinand n'hésitant pas à ruiner sa mèche à force de suer en
giflant sa batterie. Comme la troupe, parfaitement au taquet, sait
aussi se faire plus pop en évoquant les Dexy's Mindnigt Runners
de Kevin Rowlands mais également Pulp, on finit aussi
épuisé après 50 minutes de show que lors de certains concerts de
2 heures. Quand le groupe quitte la scène après un rappel, on aimerait
faire comme Jean-Louis Brossard aux Trans
Musicales 2004 : les repousser sur scène pour leur en demander
plus. Mais ce ne serait raisonnable ni pour leur santé, vu l'énergie
que demandent leurs titres, ni pour la notre d'ailleurs.
Les progrès d'Asyl en guise de
Warm-Up
Car avant les chaudement recommandés et tuants The Rakes,
il y avait eu une première partie assez virulente assurée par le
groupe rochelais Asyl. On se souvenait de concerts pas très
convaincants au festival les Efferv'Essonne et en première
partie de grabataires nommés The Stranglers ; et bien depuis,
le groupe a effectué des progrès notables. Car ça joue désormais
vite, fort et bien : mention particulière au guitariste énervé roi
du riff tsunami, au batteur aussi sec que méchant et au percutant
bassiste. Grâce à l'énergie déployée par le combo, la plupart des
morceaux tiennent la route. Ça se reconnaît à un signe qui ne trompe
pas : cette irrépressible envie de taper du pied comme un maniaque.
Comme sur le remuant titre 1975 (extrait du premier EP),
joué en ouverture : un véritable tube où le chanteur s'exprime en
anglais. Après, le chant (principalement en français) se gâte un
peu, à une ou deux exceptions près ; les textes sont trop "clichés
adolescents" et la voix manque de mordant : on dirait du Nicola
Sirkis. Ouch ! C'est dommage car en se lâchant plus dans le
micro, c'est à dire en hurlant comme un damné, voire en rajoutant
un effet distordu sur la voix, tout en évitant les poses un peu
risibles (sans doute dues au trac) et les blagues foireuses, tout
cela pourrait être excellent. Il reste néanmoins une poignée de
tubes potentiels traversés par des guitares post punk tranchantes
(la rencontre en studio avec Andy Gill du Gang
Of Four semble avoir porté ses fruits) et boostés par des
rythmiques hystériques. A suivre sur le premier album à venir, pour
se faire une idée plus précise du potentiel d'Asyl.
A lire également, la critique du premier album de The Rakes,
Capture/Release.
Sites Internet : www.therakes.co.uk,
www.v2.fr,
www.asyl.fr.
Pierre Andrieu
Lire aussi la chronique de Jean-Michel Planat
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