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Critique du 15 novembre
Total respect, camarade !
« A chaque concert, La Phaze
se déleste un peu plus des contraintes, ouvrant à la terre entière
le fameux pungle style, mixage détonant de jungle, drum&bass, free
jazz et énergie punk carnassière. Hybride végétal d'électro à haute
teneur acoustique, de dance à vraies guitares, le trio nantais n'hésite
plus entre rock et dub, et défend cette singularité rarissime aux
côtés des hérauts contemporains. Rencontré au pied des bastions
irréductibles du Larzac, Manu Chao a plié vite fait ses bagages
pour le Brésil en emportant La Phaze sur une dizaine de concerts.
Vers la Ville Rose, autre terre colérique, Hakim et Mouss
n'ont pas hésité à rejoindre le trio en studio, ponctuant d'un vrai
coup de gueule à la Zebda le très attendu Fin de Cycle,
nouvel album. Engagé dans l'ultime combat, celui des vérités et
de l'humanisme triomphant, citoyen d'une planète altière, La
Phaze noie sa plume dans la musique politique, sans leurre ni
faux-semblants, dernière arme connue avant l'étouffement des consciences.
Sur la partition, le propos s'intensifie et s'électrifie, acide
et brutal. Pour que cathodique, médiatique et économique ne riment
plus avec méthodique. » Voilà la biographie du groupe nantais
La Phaze (tellement juste qu'elle est reprise telle quelle
dans le programme de la Coopérative de Mai), on peut la trouver
également sur le site Internet www.laphaze.com.
Vraiment alléchant et surtout, total
respect pour l'invention d'un style musical (carrément !), ainsi
que pour les collaborations « prestigieuses » avec Mouss et Hakim
(auteurs avec Zebda de Tomber la chemise, une chanson qui,
à défaut de changer le monde, a quand même révolutionné les troisièmes
mi-temps entre rugbymen électeurs de Jacques Chirac. ) et surtout
Manu Chao (alias M. J'empoche le pognon en France et je vais
faire le tour du monde avec mon beau chapeau péruvien). Je dirais
même plus, ça donne grave envie d'aller teufer avec La Phaze,
tout en réfléchissant à l'avenir du monde capitaliste et à une possible
insurrection contre ce dernier, attention ! Direction le club de
la Coopé donc, le jeudi 27 octobre 2005.
Ça déchire tout (enfin, surtout
les oreilles)
Après une intro reggae/dub assurée
par DJ Zebra, La Phaze arrive sur scène et c'est le
kif total. Ça déchire tout ! Comme brillamment décrite dans la bio,
on découvre une musique originale, des textes puissamment revendicatifs
qui n'oublient pas d'être finement écrits et une énergie qui tue
sa race. Quelques esprits chagrins (et sans doute mal informés)
déclaraient avant le concert, qu'à la place de La Phaze,
on pourrait recevoir à la Coopé Arcade Fire, Andrew Bird, Sébastien Schuller, The Raveonettes, Antony and the Johnsons, The National, CocoRosie, Devendra Banhart ou encore Elysian Fields. Wah, les gros bâtards de leurs mères
! Ils veulent de la pop, de la folk music, du rock où on comprend
même pas les paroles (La Phaze, on arrive parfaitement à voir où
ils veulent en venir au moins, ils se mettent au niveau du public,
eux), avec des musiques toute molles et, en plus, non inspirées
par le rock alternatif avec ouverture d'esprit. Comment tu veux
pogoter et slammer sur ces trucs là ? C'est super chiant ! Alors
qu'avec les bombes présentes sur le très brillant Fin de cycle,
franchement, on peut se défouler, mais en pensant aussi bien aux
OGM qu'au développement durable, et sans omettre de pousser des
coups de gueule contre le Medef et Nicolas Sarkozy, bien sûr.
Et oui, ils sont comme ça La Phaze,
aussi audacieux dans leurs revendications (personne n'ose dire du
mal de Sarko dans une salle de concert, c'est du jamais entendu
ça) que dans leurs morceaux légèrement inspirés par Bérurier
Noir, Bob Marley (ou Yannick Noah, c'est pareil
putain), la jungle, Nique Ta Mère, le porte feuille de Manu
Chao, le Sergent Garcia (qui nous casse les burnes depuis
Long time) et les penseurs/activistes/fêtards toulousains
de Zebda.
Sérieux, je kiffe ma race
Et ouais, La Phaze en live,
c'est puissant, ça donne la pêche et l'envie de se révolter contre
cette société de merde, mais après avoir préalablement acheté le
disque quand même (faut pas déconner non plus, hein). Comme ils
l'avaient si bien fait sur le plateau du Larzac avec Manu Chao
- le chef de tous les rebelles aux poches bien pleines qui n'hésitent
pas à monter en première ligne alors que ça nuit à leur carrière
-, les trois inventeurs du Pungle Style (sic) n'attendent pas un
seul instant pour mettre le feu au club de la coopé, très bien rempli
par de jeunes qui kiffent grave le bon son (et ils ont bien raison,
quoi).
La recette est simple mais putain de
novatrice : un guitariste dont l'instrument sonne comme sur les
tubes de Billy Idol (Flesh for fantasy sur l'album
Rebel yell, c'est de la merde peut-être ?) qui envoie (dans
ta face, connard de popeux) des riffs ultra bien trouvés, un chanteur
qui rappe ou gueule des textes pleins de sens et un DJ boîte à rythmes
qui dégaine des skeuds qui retournent. C'est de la balle ! Ah, si
y'avait pas ces gros lourds de vigiles pour empêcher les furieux
de slammer continuellement ! On ne peut même plus être tranquille,
chui vert ! « C'est ça l'oppression ! » aurait dit un autre révolté
notoire, Thomas Boulard de Luke (rires). Où est passé
l'esprit punk ?
Fort heureusement, certains arrivent
à passer entre les mailles du filet répressif, bientôt imités par
les trois pois sauteurs de La Phaze et par DJ Zebra
lui-même. Voilà des gens qui communiquent leur énergie et qui communient
avec leur public sans démagogie, c'est pas comme ces groupes qui
restent immobiles et qui tirent la gueule (comme ces nazes de dEUS, Piers Faccini, Troy Von Baltahazar ou 22 Pistepirkko, récemment aperçus dans les environs.
).
C'est trop la fête (du
slip), ouais t'as trop raison !
Pas de répit avec La Phaze :
les rappels défilent dans une saine ambiance de fiesta (mais revendicative,
faut pas se tromper, hein) et tout le monde kiffe la bonne vibe
avec son mec ou avec sa meuf. J'suis pas d'humeur à ce qu'on me
prenne la tête moi, et La Phaze, ils prennent pas la tête,
ils enchaînent les tubes, et ils mettent tout le monde trop d'accord
: Nouveau défit, Assaut final, L'embardée fatale,
Dangerous dub, ça tue trop sa mère !
Et à la fin, alors qu'on ne s'y attend
pas du tout (mais alors pas du tout), ils reprennent de manière
vraiment pas convenue deux titres des Clash (vous savez le
groupe de Johnny Rotten et Sid Vicious) : Police
on my back et I Fought the law.Franchement, c'est trop
fort ça !
Et c'est pas fini : après un interlude
musical, DJ Zebra revient enflammer les platines. Au début c'est
pas super super : il mixe Iggy & The Stooges (Zebra a un t-shirt d'eux, mais
on connaît pas ça, c'est le premier groupe de Jon Bon Jovi,
non ?), Nirvana et Noir Désir (y'a trop de guitare, Zebra rocke trop.
) avec plein de trucs électro, pop ou R&B, ça donne des bootlegs
pas vraiment top. Et puis fort heureusement, le chanteur de La
Phaze vient danser et toaster sur certains morceaux et là c'est
top classe, on en redemande ! Pris dans l'ambiance de fooooolie,
DJ Zebra nous montre sa teub (normal, c'est un peu la fête du
slip depuis le début de la soirée) ; ça aussi c'est surprenant et
pas attendu, on n'est pas au bout de nos surprises, quelle soirée
de feu !
Comme le signale le vocaliste de la
tête d'affiche de cette soirée, c'est pas des balles que tire DJ
Zebra, c'est des cartouches ! C'est trop vrai. DJ Zebra
et La Phaze ont fait bouger la Coopé comme jamais : ça faisait
l'effet de grands coups de ceinturons dans nos faces consentantes.
C'était trop brutal mais c'était trop bon. Mais on aurait dû s'attendre
à une soirée aussi hot car « A chaque concert, La Phaze
se déleste un peu plus des contraintes, ouvrant à la terre entière
le fameux pungle style, mixage détonant de jungle, drum&bass, free
jazz et énergie punk carnassière. » Et oui quoi !
Sites Internet : www.laphaze.com,
http://djzebra.free.fr
Pierre Andrieu
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