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Critique du 30 mars
Joliment intitulée « Black & Wild
», la soirée Punk 'n soul des Volcaniques de mars a parfaitement
tenu ses promesses ; du bruit, de l'énergie punk, des rythmes funk
'n soul, des guitares cradingues, le public en a vraiment eu pour
son argent !
Las Vegas Dead Brides :
C'est malheureusement devant une assistance un peu restreinte
(et molle de surcroît) que la soirée a débuté dans la grande salle
de la Coopérative de Mai. Peu importe finalement, ceux qui étaient
présents dès le début ont pu se délecter des morceaux garage punk
des Las Vegas Dead Brides. Beaucoup mieux sonorisé que lors
de son passage aux Abattoirs à Riom, le combo
clermontois a une nouvelle fois démontré l'étendue de sa classe.
La formule Las Vegas Dead Brides est simple mais efficace.
Si vous mélangez avec violence des riffs de psycho blues concassés,
des solos aigrelets et coupants, un chant teigneux, un harmonica
fiévreux, une basse vrombissante et une batterie sèche, vous obtiendrez
un concentré de psycho punk garage totalement renversant.
Tout cela sonne malsain, crade, énervé, pour un peu l'on se croirait
dans un garage chaud et humide, dans les années 60. Et ce qui devait
arriver arriva, ça énerve tout le monde dans le public, qui a même
droit à deux nouveaux morceaux prometteurs et à des reprises de
bon aloi (Billy Childish). L'excellent 45 tours sorti en
fin d'année dernière (enregistré dans une cave.) risque donc de
faire des petits. Personne ne s'en plaindra !
Neurotic Swingers :
Juste après, les Neurotic Swingers ont, à nouveau, fait
une excellente impression (leur concert à Aurillac en octobre laisse
un bon souvenir) en enchaînant à la vitesse de la lumière leurs
compositions punk 'n roll, courtes, accrocheuses et percutantes.
Ils ont malheureusement dû affronter un public froid et incroyablement
amorphe : la réputation des Clermontois ne risque pas de s'améliorer
du côté de Marseille. Ceux qui apprécient leur punk rock servi avec
violence ont néanmoins passé un pur moment de rock 'n roll en excellente
compagnie.
Si l'on pense aux Américains de Green Day sur quelques titres
joués au début (pour le chant et certains plans de guitare), la
suite de la set list permettra de voir déferler une sorte de best
of punk 77 totalement jubilatoire. Les cris, les riffs, les poses
méchamment rock et les rythmiques joués à fond se succèdent sans
temps morts. Le résultat est là : les Neurotic Swingers nous
font salement tourner la tête ! Tout ceci se finit un peu en queue
de poisson (et trop vite) à cause de l'apathie générale dans la
salle, mais le groupe marseillais a une fois de plus donné un concert
joyeusement remuant. Les disques des Neurotic Swingers sont vivement
conseillés aux punks addicts...
Sharon Jones & The Dap-Kings
:
Juste après, la surprise de la soirée - Sharon Jones -, a
réussi a faire sortir de leur torpeur des spectateurs jusque-là
bien calmes. Il faut dire que le cocktail funk 'n soul proposé par
la chanteuse Sharon Jones (croisement entre Tina Turner,
Aretha Franklin et... James Brown) et ses excellentissimes
musiciens (The Dap-Kings) est absolument irrésistible ! La
section de cuivre est tout simplement divine, le guitariste est
une véritable usine à gimmicks entêtants, le bassiste possède un
Mojo qui marche à tous les coups, le batteur et le percussionniste
sont doués et la chanteuse peut s'enorgueillir d'avoir des cordes
vocales magiques ; il est donc tout à fait normal que le résultat
soit imparable et communicatif. Le public se trémousse langoureusement
en ayant une seule chose en tête : devenir une Sex machine
infatigable jusqu'au bout de la nuit. Tout le monde devrait écouter
Sharon Jones & The Dap-Kings, le monde irait mieux, c'est
sûr !
Tokyo Sex Destruction :
Après ce réjouissant moment, les furieux Espagnols de Tokyo
Sex Destruction étaient chargés de clôturer la soirée en beauté.
Inutile de dire qu'ils n'ont pas failli. Mais on s'en doutait un
peu après leur prestation pour le moins mémorable au Printemps de Bourges en 2004
et leur disque, Red Soul Comunnite (10 Points Program).
Avec force titres rock 'n roll, moult chorégraphies énervées et
autres discours surexcités pour haranguer la foule, cela ne pouvait
que ravir les amoureux de rock servi brûlant. Les fans hystériques
d'Iggy and The Stooges et du MC5 ont passé des instants
dont ils se souviendront longtemps. Leurs jambes et leurs nuques,
en miettes à force de remuer, également. Le punk teinté de garage
et de soul de Tokyo Sex Destruction est plus que jamais à
voir absolument sur les planches. Malgré la (relative) désaffection
du public, cette soirée Black & Wild fut donc une éclatante réussite,
qui en appellera de nombreuses autres, espérons-le !
Sites internet : www.chez.com/neuroticswingers, www.inforockauvergne.com,
www.daptonerecords.com, www.dimmak.com/tokyosexdestruction
Pierre Andrieu
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Michel
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