Soirée Black & Wild
 


Critique du 23 mars

J’ai hésité mais non, cette soirée ne devait pas être passée sous silence. Car elle avait quelque chose d’inoubliable.

Affiche alléchante, à priori, mais aucun des groupes présents n’a montré une quelconque volonté de, excusez moi l’expression, brûler les planches. Les médiocres ont succédé aux médiocres.

Las Vegas Dead Brides : French Rock

Ils nous ont livré un concert sans aucune ferveur qui doit ressembler à leurs répétitions. Un concert de fonctionnaire. Leurs amis étaient là pour les applaudir, pour rire à leurs blagues vaseuses. La partie était gagnée d’avance, ils n’avaient donc rien à prouver.

Et ça ressemble à quoi Las Vegas dead brides ?
A du rock, si on peut appeler ça du rock, aux teintes américaines, punk indépendant 80’s / 90’s tendance fils à papa.

Pas original donc.

On se moque de l’originalité (l’originalité n’est qu’un larcin de grande classe in « Blackface » Nick Toshes) mais ils pourraient y mettre un peu de tripes. Déjà que faire du rock quand on est français ç’est partir avec un handicap alors s’ils montent sur scène sans l’envie d’en découdre avec le monde entier, qu’ils restent chez eux.

Si t’es pas content tu n’as qu’à empoigner ta guitare et monter sur scène.

C’est vrai.

The Neurotic swingers : Et le temps s’est arrêté en 1977

Du regard au rire il est évident que le chanteur doit tout à Johnny Rotten. Le guitariste lui, qui maîtrise les riffs anglais 1977, lorgne plus vers les Clash. Le charisme ridicule de ces deux là, a éclipsé le batteur et le bassiste. Des bières bues fissa, quelques glaviots balancés sur la scène, et non pas dans la fosse des fois que quelqu’un se fâche, des mimiques en veux tu en voilà : Des punks de carnaval sans une chanson digne de ce nom.

On se met alors à rêver : Sid Vicious réapparaît, chaîne de vélo à la main, déboule sur la scène et les fout dehors à coup de Doc Martens dans le cul.

Sharon Jones : Godmother of soul ?

Mouais. Après les punks à deux balles de Neurotics, ça a fait du bien, mais pas tant que ça. Trop de clichés des revues soul des seventies, des chansons plus que banales. Il ne suffit pas d’être black, d’avoir des cuivres, de connaître les disques de James Brown pour faire de la bonne vieille soul teintée de funk. N’est pas King Khan qui veut.

T’as pas aimé ? Tu veux rire : une soul sans âme, je pensais même pas que ça existait.

Tokyo sex destruction

Ça se sent : ils se voudraient être les nouveaux MC 5. Ça joue vite, fort, le chanteur aux faux airs de Ian Svenonius des fantastiques Weird War (le talent en moins) se démène, gesticule, hurle.

Les autres jouent sans se regarder, sans s’écouter, sans écouter les autres. Affligeant.

Ton verdict ?

Trop de disques dans leurs vies, pas assez de vie dans leurs musiques. Telle pourrait être la sentence de la soirée Black & Wild. Le retour du rock à Clermont ce sera avec The Bellrays.

Michel Michel

Lire aussi la chronique de Pierre Andrieu

| Retour page précédente |

| Votre avis | Autres -->Partenaires -->Institutionnels -->Ressources |


| Rockcritiques 06/07 | Rockcritiques 05/06 | Rockcritiques 03/04 | La Phrase de la Semaine |