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Critique du 16 février
Kasabian live ? Une montée en puissance
rock et groovy d'une heure pile.
Quand il s'agit de nous faire prendre des vessies pour des lanternes,
ils sont forts ces musiciens Anglais ! Prenons le cas du groupe
anglais Kasabian : ils viennent à peine de sortir
leur premier album qu'ils se lancent déjà avec un
aplomb tout britannique dans des déclarations douteuses comme
: « Les gens sont dépourvus de personnalité,
ils sont lugubres. C'est le règne de l'ennui car il n'y a
ni âme, ni rythme et plus personne ne semble se faire plaisir.
Nous prenons notre musique au sérieux, mais on a aussi le
souci de s'éclater avec. Le rock anglais a besoin d'un bon
coup de pied au cul ; l'Angleterre a besoin d'un nouveau groupe
qui insuffle un peu de vie à la population. Personne ne fait
ça en ce moment. Alors, Kasabian va s'en charger.
Nous sommes en 2004 et nous allons sonner le réveil de la
musique britannique. » Non mais de qui se moque-t-on ?
Les Ecossais de Franz Ferdinand (qui ne tournent jamais en
Angleterre, bien sûr... ), ils font peut-être une musique
qui provoque la morosité ? Pour éviter de déclencher
inopportunément une nouvelle guerre France/Angleterre, nous
mettrons ça sur le compte de la jeunesse et nous jugerons
sur pièces : le concert de Kasabian à la Coopérative
de Mai. Récit.
20h03 pétantes, après une intro enregistrée
intitulée Pinch Roller (nous rappelant avec horreur
les claviers incontinents et datés d'un certain Jean-Michel
Jarre), les quatre membres de Kasabian font leur entrée
sur la scène du club - très bien rempli - de la Coopé,
suivi peu après par la vedette du jour : le chanteur Tom
Meighan. On s'attend à un départ en trombe avec
force basse, guitare et boucles électro percutantes. Et bien
c'est raté, les deux premiers morceaux (ID et Cutt
off) sont mollassons et anecdotiques ; si ce sont ces titres
écrits paresseusement qui sont appelés à révolutionner
la musique, il y a du souci à se faire ! On remarque principalement
un détail qui tue : en grands professionnels, les Anglais
ont réussi à nous concocter le pire son de batterie
hard FM/Phil Collins entendu depuis une éternité.
En 2005, il faut le faire, avouez-le ! Mais, mis à part un
flagrant problème de songwriting et de batterie, on remarque
quand même que ces cinq gamins savent jouer et ont la bonne
attitude (ainsi que les bonnes coupes de cheveux). Les deux front
men, le guitariste chanteur Sergio Pizzorno et le chanteur
Tom Meighan, ont des voix puissantes dont les accents délicieusement
arrogants évoquent Bobby Gillespie et Liam Gallagher.
En fait, en parfaits stratèges, les cinq membres de Kasabian
ont préparé une superbe montée en puissance
rock et groovy (avec quelques légères baisses de régime
: Butcher blues sonnant en effet comme du Oasis sans
inspiration) se concluant par un feu d'artifice de tubes électro
rock très Madchester. Dès le troisième morceau,
on commence en effet à taper du pied sans le vouloir. Au
quatrième, on remue la tête. Au cinquième, on
tente un déhanchement... Et puis après, on ne se sent
plus (comme le reste du public d'ailleurs) ; on est happé
par un tourbillon électro dance rock psyché dont le
point d'orgue sera l'enchaînement de la mort L.S.F. (Lost
Souls Forever) / Ovary Stripe / Club foot (en final jouissif,
avec un riff de basse saturé copyright Mani-aque). Après
Ovary Stripe (une jam session droguée à la
Stone Roses), pendant le très réussi Club
foot, on pense très fort à Primal Scream
et à ses hymnes/invitations à la débauche sonico
dansante (et plus si affinités). Sans aucun rappel, mais
après un salut convivial du combo - visiblement reconnaissant
pour l'accueil chaleureux -, les lumières se rallument. Il
est 21h03.
A défaut de changer la face du monde de la musique 2005 (pour
cela il faudra attendre le prochain album, sait-on jamais ?), Kasabian
a réussi - grâce à un savant soundwriting -
à composer une poignée de tubes. A force de jam sessions
effrénées en répète, le groupe de Leicester
à (re)trouvé la formule magique : voix arrogantes
+ choeurs entraînants + guitares assourdissantes + basse imparable
+ batterie énorme + clap clap enregistrés + claviers
psyché + boucles électroniques excitantes + déluge
d'effets spatiaux = la + recette du pétage de plombs sur
le dance floor. Après un petit remontant dans les loges,
les stars de la soirée reviennent en « civil
» dans la salle pour accorder une longue séance de
dédicaces, autographes et autres photos à une cohorte
de représentantes de la gent féminine visiblement
émoustillées par leur démonstration de force.
Putain, ils sont forts ces Anglais !
Pour écouter les 13 titres du premier album de Kasabian,
rien de plus simple : il suffit d'aller sur le site du groupe (www.kasabian.co.uk)
ou de cliquer sur ce lien : www.kasabian.co.uk/album
Pierre Andrieu
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