PIERS FACCINI
 


Critique du 2 juin

PHILATÉLISTE. n. des deux genres. Celui, celle qui collectionne les timbres-poste.

Il existe une autre catégorie de philatélistes, un peu spéciale à la recherche d’autres timbres. Musicaux ceux là.
Les amateurs des timbres dépressifs se sont retrouvés nombreux à la Coopérative de Mai pour découvrir Piers Faccini et sa pop folk relaxante.Relaxante, oui, comme ces disques que l’on peut écouter chez Nature et Découverte. Des trucs qui ne vous froissent pas les oreilles, ne bouleversent pas votre quotidien.
Stop aux musiques qui vous font réfléchir, qui remettent tout en cause. On pose son disque dans la platine, on s’allonge et on ne pense plus à rien.

*

Piers Faccini c’est un de ces dépressifs qui joue comme si faire de la musique était une thérapie. Et ceux qui l’écoutent, des dépressifs pour qui ses chansons sont une thérapie ? A observer le public, je dirais non, plutôt des voyeurs qui aiment voir souffrir les autres à leur place.
Il entre sur scène, discrètement, de peur de nous déranger. Les gens sont respectueux, l’écoutent attentivement, applaudissent chaudement à la fin de chaque titre.
Des amoureux se sont embrassés, dès les premières notes de Catch a Flame. A leurs sourires c’est leur chanson fétiche. De celle qu’ils doivent écouter quand ils font l’amour. Quand on baise, on n’écoute pas de musique.
Piers Faccini joue une musique qui lorgne timidement vers le blues, sa passion, mais il semble gêné, honteux. Il se considère, du moins c’est que je pense, comme un imposteur.
Etre blanc et jouer du blues, vous n’y pensez pas !
Le son est moins chichiteux que sur disque, la voix au fil des titres prend de l’ampleur, tirant même parfois vers le blues africain. Et là ça devient magique, tant les influences sont présentes sans que l’une prenne le pas sur l’autre.
J’aimerais tant que Piers Faccini, reste là, dans ce carrefour d’influences où se rencontrent l’Afrique, les Etats unis, l’Europe. Si ces quelques mots pouvaient lui donner le courage de le faire, cette chronique aura au moins servi à quelque chose.

Michel, tu veux mon demi-Lexomil !
Non merci, ça ira

Michel Michel

Lire aussi la chronique de Pierre Andrieu

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