ELECTRELANE
 


Critique du 21 juin

Comment sauver in extremis de l'ennui un morne dimanche pluvieux ? C'est assez simple. Il suffit de se rendre à un concert du groupe anglais Electrelane, qui se chargera de vous botter le cul avec sa musique tout à la fois puissante, planante, remuante et imprévisible.

Emmené par Verity Susman, une frontwoman aussi à l'aise aux claviers, au piano, à la guitare qu'au chant ou au saxophone, Electrelane compte également dans ses rangs Mia Clarke, une guitariste scotchante capable de créer un mur du son fascinant ou de se lancer dans des interventions dissonantes extrêmement fines, Ros Murray, une toute nouvelle bassiste parfaite pour le poste, et enfin, Emma Gaze, une batteuse frappant comme un métronome (et avec violence) son instrument de prédilection.

Même si elles ne sourient jamais et si elles ne se regardent quasiment pas entre elles, les quatre jeunes femmes semblent communiquer comme par télépathie pour exécuter de captivantes montées soniques, suivies d'accalmies superbes et de redescentes hallucinantes.

Les nombreux soubresauts qui habitent la musique d'Electrelane sont autant de moments où l'auditeur est totalement submergé par l'univers du groupe, souvent instrumental. En empruntant à la pop (ces mélodies... ), au rock velvetien (ce piano martelé avec force, cette voix superbe, à la Nico), au rock planant à la Pink Floyd des débuts (ces sons de claviers) et à l' univers punk bruitiste de Sonic Youth (cette guitare en fusion), Electrelane touche à la perfection sur scène, comme sur disque.

Sans avoir la moindre occasion de s'ennuyer, l'auditeur/spectateur est tenu en haleine par les quatre furieuses musiciennes : il en oublierait presque de respirer, tellement leur musique est prenante. Lancé sur des montagnes russes, sans pouvoir descendre ni freiner, le public a la joie et la surprise de découvrir vers la fin du concert une formidable reprise de The Partisan (un classique parmi les classiques, également au répertoire de Leonard Cohen) couplée (en intro) avec le riff joué à la basse d'I wanna be your dog des Stooges. C'est d'autant plus marquant que cela arrive - comme dans un rêve - après une longue montée aux vertus lysergiques. Qu'est-ce que c'est beau ! C'est même carrément miraculeux. Comme le rappel magistral qui conclut ce concert, en tous points mémorable.

Finalement, les dimanche orageux, ça a du bon !

Sites Internet : www.electrelane.com, www.toopure.com

Pierre Andrieu

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