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Critique du 4 octobre
En août 2004, le concert de Blonde Redhead à la Route du Rock avait tourné court : le déluge
s'abattant sur le festival breton avait malheureusement contraint
le groupe américain à écourter sa prestation, pour des raisons de
sécurité.
On s'était consolé en se remémorant les moments épatants passés
un mois et demi plus tôt aux Eurockéennes de Belfort en compagnie des auteurs du
toujours excellent album Misery is a butterfly.
Et alors que la résignation pointait le bout de son nez - il faudrait
donc attendre un nouvel album, puis une nouvelle tournée pour pouvoir
revoir ce précieux combo -, la bonne nouvelle tombe : Blonde Redhead
à la Coopérative de Mai, le 29 juin 2005 ! L'accueil du public clermontois
fut à la hauteur de la prestation scénique magistrale offerte par
le trio mixte : un club quasi complet, des salves d'applaudissements
nourris et deux énormes ovations pour réclamer la paire de rappels
généreusement accordés.
Blonde Redhead sur une grande scène, c'est excellent, mais
dans un petit club, c'est encore mieux. La proximité avec les musiciens
permet une communion quasi-totale, voire une immersion complète
dans les pop songs soniques ourdies par ces extra terrestres aux
voix si particulières.
Le chant de Kazu Makino, la chanteuse/organiste/guitariste/bassiste,
évoque en effet souvent celui d'une enfant asiatique aux cordes
vocales prêtes à se briser comme du verre (à force de flirter avec
les aigus), mais on pense également beaucoup aux interventions vocales
de Kim Gordon (Sonic Youth) ; celui de son acolyte rappelle fortement
les vocalises étranges du chanteur des Flaming Lips, Wayne Coyne.
Habitée par ces voix hallucinantes, boostée par un batteur d'une
finesse à peine croyable et par des samples planants, la musique
de Blonde Redhead est un sidérant mélange entre une pop psyché panoramique
à la Mercury Rev/Flaming Lips et les digressions
bruitistes de Sonic Youth. Mais la finesse des mélodies,
l'émotion à fleur de peau dégagée par les chants, les morceaux instrumentaux
chaotiques et les atmosphères captivantes n'appartiennent qu'à Blonde
Redhead.
Après une heure et demie d'une prestation propice au voyage intérieur
en apesanteur, Blonde Redhead termine son set, salue longuement
et regagne les loges. Pendant le concert, la communication avec
le public est minimale (après, le groupe - très simple - viendra
parler avec ses fans) mais les quelques mots murmurés par un trio
radieux et la musique proposée - souvent magique - permettent une
connexion maximale entre l'audience et les musiciens. C'est donc
avec un sourire béat et sur un petit tapis volant qu'on quitte les
lieux.
Sites Internet : www.blonde-redhead.com, http://4ad.com/artists/blonderedhead
Pierre Andrieu
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