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Critique du 25 octobre
Il y a les concerts dispensables, auxquels on regrette
d'avoir assisté (et où, en plus, on trouve qu'il y
a beaucoup trop de monde), et les concerts indispensables, qui rendent
tout simplement heureux, même s'ils se déroulent devant
un public un peu clairsemé. Celui de Ben Kweller et
Rhesus à la Coopérative de Mai appartient définitivement
à la deuxième catégorie. Il a en effet permis
de voir à l'oeuvre deux jeunes groupes sachant écrire
des morceaux et prenant plaisir à les présenter sur
scène. Une véritable aubaine !
Après avoir apprécié ses prestations scéniques
et ses EP (Rhesus, Meanwhile at the party et le récent
cd promo Round and round in circles) on savait déjà
que le groupe grenoblois Rhesus était un futur grand,
il l'a remarquablement confirmé avec sa fougue habituelle,
malgré un son un peu agressif. Titres délicieusement
pop gorgés de mélodies insidieuses, morceaux power
pop violentés par une guitare très incisive, ballades
au piano prometteuses pour le premier véritable album du
groupe (en cours d'élaboration), Rhesus possède
la panoplie complète du combo envoûtant sur les planches.
L'alchimie entre Aurélien Marie (guitare, piano, voix),
Simon Nodet (batterie) et Laura Rosello (basse, choeurs
angéliques) fonctionne à merveille, on sent que ces
trois-là sont animés par une passion indéfectible
pour la musique et qu'ils ont « bouffé » des
kilomètres ensemble. Malgré quelques bavardages exaspérants
sur les morceaux calmes, le public venu pour Ben Kweller a
logiquement réservé un accueil chaleureux à
Rhesus, une première partie comme on aimerait en voir
plus souvent.
Des concerts comme celui de Ben Kweller, il serait presque
d'utilité publique qu'il y en ait régulièrement.
Ce jeune gringalet à cheveux longs et gras (jusque-là,
ça ne fait pas très envie... ) a tout simplement réussi
à enchanter une salle entière pendant 1 heure et dix
minutes ; l'énorme ovation finale nous a même remémoré
l'hystérie collective qui avait salué la fin du premier
concert des BellRays à la Coopé. Il faut dire
que Ben Kweller a beaucoup d'atouts en main : il compose
des morceaux simples et accrocheurs, il les joue avec un sens du
spectacle - teinté d'humour - très américain,
il est d'un naturel confondant dans ses rapports avec le public,
il est convivial sur scène et en dehors. n'en jetez plus
! Du début du show - avec quatre chansons aux délicieux
relents antifolk new-yorkais (on a vu passer le fantôme d'Adam
Green et de ses Moldy Peaches) -, au final presque rock
sudiste avec solo et facéties guitaristiques, en passant
par ses morceaux power pop jouissifs avec riffs percutants, le lutin
texan et ses trois hommes de mains brillants ont délivré
un set absolument imparable. Les titres jubilatoires se sont succédés,
presque tous aussi irrésistibles, qu'ils soient d'obédience
folk pop (On my way, Lizzy, It's up to you), pop/rock bondissant
(Hospital bed), power pop à la Weezer (Wasted
and ready), rock sous influence Lou Reed/Velvet Underground
(My apartment, Commerce, TX) ou pop flamboyante au piano
(Sha sha, In other words). Pas une baisse de régime
à l'horizon ! Reviens quand tu veux, Ben.
A consulter également : un compte-rendu
du concert de Rhesus au Bam
bar à Clermont-Ferrand et les chroniques des disques
de Rhesus
et
Ben Kweller
Sites Internet : Rhesus
et Ben Kweller
Pierre Andrieu
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