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Critique du 20 novembre
Retour aux sources des Grands espaces
En homme de parole sachant se montrer reconnaissant, Alain Bashung
était de retour dans le village de Tourzel-Ronzières
(Puy-de-Dôme) pour inaugurer le Moulin des Volontaires,
le lieu de résidence où La Tournée des grands
espaces a pris forme en août 2003. Touché par l'accueil
chaleureux des habitants de ce superbe bourg, Alain Bashung
en a également profité pour leur offrir un concert
gratuit dans l'église du village.
Recueillement et ferveur dans l'église
Nous nous retrouvons donc dans cet édifice insolite pour
assister à un concert vraiment très particulier. Pour
permettre aux personnes âgées de profiter pleinement
du spectacle, quelques rangées de chaises on tété
disposées devant la crypte/scène éclairée
par des bougies ; derrière, la foule se presse, debout et
impatiente d'assister à un moment d'exception. Quand Alain
Bashung fait son entrée en compagnie de sa femme Chloé
Mons puis de ses musiciens (sans batteur), on pressent que cela
va être une expérience incroyable. Au premier rang
des personnes debout, Bashung en face à quelques mètres,
l'impression délicieuse d'assister à un concert ultra
privé se fait jour : Le cantique des cantiques est
interprété dans sa version longue (27 minutes) par
Chloé et Alain, pour nous seuls. Malgré
la longueur du morceau et la fatigue dûe à l'attente
immobile, ces instants se révèlent magiques. Dans
un état de demi-sommeil, la solennité de l'endroit
et le texte de La Bible (finalement assez chaud ; ça tombe
bien, Madame Bashung est habillée en tenue très
légère) contribuent à donner un côté
onirique à cette lecture. Un tonnerre d'applaudissements
accueille la fin du morceau.
Des instants à part
Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises, le groupe au grand
complet enchaînant avec un set superbe. Comme la veille sur
la grande scène de la Coopé, Bashung joue Angora
tout seul. Dans ce cadre ultra intime, c'est encore plus touchant.
On reconnaît aussi La nuit je mens, que l'on fredonne
dévasté par l'émotion. Et cela ne semble pas
devoir connaître de fin : les morceaux A perte de vue,
Aucun express, Madame rêve puis Elvire en final
audacieux, sont également interprétés par Bashung
et son impeccable troupe (où toutefois le guitariste
Yan Péchin gagnerait à être plus sobre
dans sa gestuelle - souvent trop démonstrative). Le public
regagne la sortie enchanté et convaincu d'avoir participé
à un spectacle à part. On regrette seulement que le
titre qui a donné son nom au moulin - Volontaire,
signé Serge Gainsbourg -, n'ait pas été
joué et que le rêve ne se soit pas prolongé
toute la nuit.
L'histoire du Moulin des Volontaires
ne fait que commencer
Bashung ressort grandi de ce cadeau offert à
Tourzel-Ronzières, il a prouvé qu'il savait
renvoyer l'ascenseur en toute simplicité, lui qui paraît
souvent inaccessible, renfermé et surprotégé
par son entourage. Cette histoire est loin d'être finie, puisque
Le Moulin des Volontaires va désormais voir se succéder
en ses murs des artistes désireux de trouver un peu de quiétude
pour répéter une tournée ou préparer
un disque. Depuis cette semaine, c'est Dionysos qui est au
travail à Tourzel-Ronzières pour donner un
successeur à Western sous la neige. ça promet
!
Site Internet : http://alainbashung.artistes.universalmusic.fr/.
Pierre Andrieu
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