TOM MC RAE + YANN SEUL
 


Critique du 27 novembre


Lors de son dernier passage, au mois de mars dernier, Tom McRae nous avait fortement impressionné. Avec un charisme et une sensibilité à fleur de peau, Tom vient nous présenter une version acoustique de ses albums qui ne devrait pas nous laisser de marbre.

Il est vingt et une heure trente pétante quand les lumières du club s'éteignent. L'arrivé sur scène de Tom McRae va comme pétrifier les quelques trois cent cinquante personnes présentes. Dès lors, un calme religieux va s'emparer des lieux, et cela pendant une heure et quinze minutes…

Tom va débuter son set par You only disappear. Cette superbe chanson, qu'il va interpréter seul sur scène avec sa guitare, va lancer la soirée de la plus belle mais aussi de la plus triste des façons. Cette mélancolie, qui lui colle à la peau, sera le maître mot du concert. La noirceur de ses textes, associée à cette voix majestueuse, qui vous glace le sang, vont une fois de plus nous traîner dans les recoins secrets de notre inconscient. Le plus dur sera de faire face et d'arriver à ne pas se laisser enfermer dans les profondeurs abyssales où cet artiste, plus que talentueux, veut nous traîner malgré nous…

Le deuxième morceau, Walking 2 Hawaïï, permettra à Olli Cunningham et à Oli Kraus, respectivement pianiste et violoncelliste, de rentrer sur scène afin d'accompagner Tom dans ses aventures.

Avec l'arrivée de ses deux musiciens, le concert va prendre encore plus de profondeur et de corps. Oli Kraus torturera son violoncelle tantôt avec délicatesse, tantôt avec violence, mais toujours avec une efficacité remarquable. Olli Cunningham, quant à lui, enrobera le tout avec des claviers toujours opportuns.

Que dire dès lors ? Que le concert fut superbe, touchant, émouvant… Les qualificatifs me manquent.
Une chose est sûre, le public présent en a pris pour son grade. Le respect des uns envers les autres fut exemplaire. Cela entraînera une symbiose totale et la version de Bloodless en sera la preuve. Première chanson du rappel, Tom va interpréter ce titre à cappella, en demandant l'aide du public. Ce dernier aidera son " idole " en reprenant le refrain avec un talent et une douceur remarquable. D'ailleurs, à la fin du morceau, Tom ne pourra s'empêcher de verser des larmes pleines d'émotion, de bonheur et de gratitude envers ce public proche de l'évanouissement. Mon Dieu, suis je éveillé ou dors je ?

Mais avant cela, le set nous gratifiera d'autres grands moments. De Mermaid blues à You cut her hair, en passant par Streetlight, Boy with bubblegum, Ghost of the shark etc. etc. Tout sera un pur bonheur. La béatitude nous gagnera sans aucune équivoque devant tant de grâce et de talent. Même son français approximatif, mais tellement sensible, lors de ses interventions sera attendrissant.

Le seul petit bémol viendra des lights. Bruyantes et parfois trop agressives par rapport à la prestation du groupe. Pour ce qui est de l'allusion au match de rugby France-Angleterre ! On ne peut vraiment pas lui en tenir compte… Il pleuvait !

Jean-Michel

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