Critique du 16 octobre
Mère patrie du magazine "
Rock Sound ", la ville de Clermont-Ferrand et la Coopérative
de Mai vont subir, durant trois soirées, une déferlante
de décibels. Alliant découvertes et groupes majeurs,
la grande messe du néo-métal français peut
débuter.
C'est à dix neuf heures que les hostilités
de cette première soirée vont débuter. L'assistance
présente, environ quatre cents personnes, est principalement
faite de jeunes gens. Seuls, quelques vieux " cabas
" traînent leurs guêtres dans un milieu qui semble
déjà leur échapper.
Ayant loupé volontairement Absolute, c'est Stéréo
Typical Working Class qui va me faire entrer dans le vif du
sujet. Jouant un hardcore des plus classique et médiocre,
les lyonnais ne vont pas casser quatre pattes à un canard.
Les trois quarts d'heure impartis au combo ne vont pas suffire à
améliorer la chose. Le set se terminera comme il a commencé,
c'est à dire sans grand enthousiasme. Et pourtant, je n'étais
pas au bout de mes peines !
La prestation de Mélatonine sera sûrement le
clou de la soirée. Jouant un rock simpliste et sans intérêt,
le groupe ne restera sur scène, et par chance, que vingt-cinq
minutes. Sa chanteuse (le terme de crécelle lui convient
mieux) ne se fera pas entendre de tout le set ! D'ailleurs comment
aurait-elle pu faire ? Seul son tee-shirt va me taper dans l'il.
C'est vous dire que l'instant fut chiant.
Avec l'arrivée de Cox, les choses un peu plus sérieuses
vont débuter. Malgré un départ poussif (vous
avez dit pression !), le trio va jouer un rock quelque peu radiophonique
(le Mouv' ne serait il pas dans le coup) mais relativement
agréable. Le set prendra de la qualité au fur et à
mesure que Fabien Cahen et ces deux acolytes se détendront.
La reprise de Léo Ferret, Anarchiste, en sera
le parfait exemple.
Je ne vais pas vous dire, et surtout pas à elles, que justement,
je ne suis venu que pour elles ! Vous me suivez ? En résumé,
j'apprécie les quatre filles de Subway depuis leur
n° O. Il me semble que cela, vous l'aviez bien compris.
Dès lors, il va donc m'être difficile d'être
objectif. Mais essayons.
Mélangeant les compos de leurs deux derniers albums, Superautomatic
et Rien ne se voit, nos quatre " filles "
vont nous délivrer un set qui aura, malgré tout, du
mal à décoller. Dommage. Nous aurons quand même
droit à un petit bonus avec la découverte d'un nouveau
titre chanté en anglais. Un retour à la source ? L'avenir
nous le dira. Continuez les filles, on vous aime !
Alors que la nuit est déjà bien avancée, la
suite tarde à venir. Les " stars " de cette
soirée se font attendre. Ayant pourtant ma dose, je me décide
de rester pour essayer d'avaler un ou deux morceaux. Quand à
une plombe du mat, les Silmarils se pointent, mon attention
va être stimulée avec une violence insoutenable. Bordel,
cassons nous, cela est insupportable et ne ressemble à rien
Pourtant, il paraît que le reste du concert fut remarquable
dans la " nièserie " et l'humour à
trois balles ! Je laisse Pierre vous raconter cela car lui a eu
le courage de rester jusqu'au bout.
Avec sept groupes au programme, la soirée
de vendredi s'annonce impressionnante. Seul Pleymo manque
à l'appel (passage prévu le 16 janvier). C'est donc
dans une Coopé affichant complet que va se dérouler
la déferlante musicale annoncée.
C'est à dix-neuf heures trente que Cranket va prendre
d'assaut le club. Transformée en pressoir humain, la petite
salle va friser l'apocalypse. Dans une ambiance de folie, les régionaux
de l'étape vont, durant trente minutes, mettre une rage et
une force incroyable dans un set malheureusement trop court. La
marée humaine est en marche et rien ne devrait pouvoir l'arrêter
Sauf peut être Feverish. Programmé dans la grande
salle, le combo va nous balancer un set banal, trop plat, trop maigre,
enfin pas assez tout quoi ! Après avoir dérouillé
avec Crankset, le retour sur terre est difficile. J'en arrive
même à me poser la question. L'inverse aurait-il été
plus judicieux ? Je vous laisse seul juge.
Pour le troisième groupe de la soirée, j'ai nommé
Eths, nous retournons dans la petite salle, ou plutôt
nous essayons. Car là, bien sûr, et comme pour Crankset,
le bordel est de mise. Tout est inaccessible, même les deux
bars, ce qui est quand même embêtant. Je me tape donc
le concert dans les coursives. Le commentaire sera par ce fait restreint
et bateau. Oh que c'est beau, c'est beau, c'est beau
La migration
définitive vers la grande salle sera, quand à elle,
beaucoup plus confortable et délivrera, enfin, les pompes
à binouses !
C'est maintenant à Tripod d'entamer la dernière
ligne droite. Censé être un groupe qui monte, le combo
marseillais va me laisser sur ma faim. Pas assez " couillu
", trop de tchatche, enfin bref, le temps commence à
me sembler long. Ce n'est pas bon signe pour le reste de la soirée.
Même l'ambiance semble retomber dans la fosse. La jeunesse
fatigue ou s'emmerde-t-elle ? Non ce n'est pas possible, je me trompe
sûrement.
Alors que les heures défilent, l'arrivée de Aqmé
me réconforte. Les parisiens moins métal, moins violents
dans le son, vont mieux me convenir. Cool par rapport au reste.
Le combo va assurer un set agréable, sans fioritures, classe,
oui, oui, classe, presque trop d'ailleurs. Même les excès
tournoyants de la superbe bassiste, toute de noir vêtue, ne
vont pas m'impressionner.
C'est maintenant au tour de Watcha de nous démontrer
tout le " bien " que nous pensons d'eux. Dès
le début du set, le " superbe " chanteur,
habillé dans un costume noir, aura bien du mal à se
faire entendre. Toutefois le gars semble se la jouer grave. Avec
une chevelure digne de chez " Loréal ", le gazier
va faire le paon durant tout le set. Mais voilà, il ne suffit
pas de faire le " beaubio " et de mettre des watts
à gogo. Il faut aussi essayer de faire une balance correcte.
Pas un son de sa voix ne nous parvient aux oreilles. Nous avons
même du mal à nous rendre compte qu'il chante en français
! Le summum sera la reprise des Wispers, And
the beat goes on, et là, je n'ose même pas en
parler ! Ou je suis vraiment trop vieux et donc trop con, ou il
y à quelque chose qui m'échappe. Le débat est
ouvert. Pour ce qui est du côté musical, le groupe
a, bien entendu, un son lourd mais avec une approche plus mélodieuse,
si j'ose dire, car dans des soirée comme celle-ci, tout est
dans la nuance infime !
Enfin et pour clore cette soirée, c'est au tour du groupe
phare de néo métal français, Lofofora,
d'achever les derniers survivants. Et vu que je n'ai pas envie de
me consumer sur place, je décide de couper court. Sauve qui
peut
La dernière journée de ce festival,
épuisante pour les organismes, va débuter dès
seize heures. Apparemment, les quelques sept-cent kids présents
ont eux, encore de la balle. Yeah !!! j'suis dans le coup moi aussi
! Mais bon, je vais quand même prendre beaucoup de retard
sur l'horaire. Mais que voulez-vous, je ne vais quand même
pas louer une piaule à la Coopé !
Malheureusement ou heureusement pour eux et pour moi, certains des
onze groupes présents vont échapper à ma mauvaise
humeur récurrente du moment.
C'est Sleepers qui donne le départ de ma soirée.
Le groupe bordelais débute son set dans une grande salle
bien chauffée. Les premières notes agressives, c'est
le moins que l'on puisse dire, vont me faire mettre les bouchons
d'oreilles. Cela ne trompe pas. Il y a vraiment de la sauce ! Pour
le reste, c'est comme d'hab, tout se ressemble. Après cette
mise en oreilles, le groupe phare de la soirée rentre sur
scène. Le combo parisien d'Enhancer va durant une
heure nous jouer un " hopcore ", mélange
de hip hop et de hardcore, rébarbatif. Avec trois aboyeurs
hurlants de front, les kids semblent passer un bon moment. N'est-ce
pas là l'essentiel ? Le dernier morceau du set, Pas sommeil,
sera repris en chur par l'assemblée. Une chose est
sûre maintenant : je n'ai vraiment plus sommeil.
La très bonne surprise de la soirée viendra des Dead
Pop Club. Le groupe parisien va nous jouer un rock versant punk
des plus agréable. Malgré une salle dégarnie
et moins réceptive à ce style de rock, le set sera
efficace et rondement mené. Pas de temps mort, pas de blabla,
que du rock bordel ! Waouh, je n'y croyais plus. De plus, le final
sera quelque peu original. Deux roadies vont débarquer sur
scène, chacun avec une guitare, l'un habillé et l'autre
à poil ! Et là, le gars à poil, se met à
tournoyer puis à passer d'un musicien à l'autre en
frottant sa queue sur chacun d'eux. Le moment fut surprenant et
hilarant. Malheureusement cela n'allait pas durer.
Pour conclure, je dirai juste un mot sur Artsonic. Non seulement
et une fois encore, cela ne ressemble pas à grand chose,
mais avec un petit plus tout de même. Le chanteur semble nous
prendre pour des billes. Lui aussi dispose d'un égo remarquable
en tous points. Décidément, le monde du néo
métal français est bien grave. Dans la famille gros
citron il ne manque que la grand mère qui elle n'a pas survécu
à tant d'égocentrisme.
A côté de cela il me paraît indispensable d'encourager
Crankset. Groupe en devenir qui a, à la vue de leur
set, du respect envers les kids et de la hargne à revendre.
Voici comment se terminent trois jours de festival
avec beaucoup de bas mais aussi quelques bonnes surprises. Et à
voir la tronche des gens bossant à la Coopé, cela
n'a pas dû être de tout repos. N'oublions pas la performance
des techniciens qui durant ces trois jours auront fait un boulot
monstrueux.
Jean-Michel Planat
Vous pouvez également lire la chronique du concert des
MMM par Pierre Andrieu ou du compte
rendu du festival par Nawak
Posse. |