Critique du 9 juin
Quelle joie de retrouver Miossec au meilleur
de sa forme sur la scène de la Coopérative de Mai
pour la saison 2004 ! Si sa prestation
trop alcoolisée ici même en 2002 avait laissé
un sentiment de gâchis, on avait pu se rendre compte sur le
reste de la tournée (à Bourges
, à Sédières
et à Paris à La Cigale) que lhomme avait pris
la bonne résolution de lever le pied sur le ravitaillement
pré-concert. Il fallait prendre cette décision au
risque dévoluer en troisième division
Fort heureusement, bonne résolution nest pas toujours
synonyme dassagissement,
1964,
le nouvel album de lauteur de Boire, Baiser, A prendre
et Brûle le prouve de manière éclatante.
Miossec nest pas prêt à sombrer dans le
consensuel, cest heureux
Ce soir, si la part belle sera
donnée aux deux derniers disques, tous les albums seront
abordés, à la grande joie des fans de longue date,
nombreux à sêtre déplacés, fidélité
oblige.
Toujours aussi paradoxal, le Brestois commence son concert par Je
men vais, lexcellent premier single de son nouvel
album. Puis, il se lance dans un concert plutôt rock n
roll et minimaliste alors que son dernier opus, assez calme au niveau
des musiques, bénéficie dune instrumentation
fournie (particulièrement sur les titres arrangés
par Joseph Racaille). Enfin, alors quon sattend
à subir un Miossec mal à laise à
cause des ses nouvelles dispositions, tirant une gueule de trois
mètres comme sur la pochette de 1964, on assiste
1 h 30 durant à un festival de sourires, blagues et autres
démonstrations de joie de jouer sur scène avec ses
musiciens
Sacré Miossec, il ne semble pas trouver
lhumanité si infréquentable que ça !
Il ira même jusquà improviser un sketch avec
son cousin (dun soir) Tony
Ce dernier a tellement
fêté le retour de son héros à Clermont-Ferrand
quil sautorise à monter sur scène et à
bouleverser le déroulement dune chanson. Au lieu de
faire virer limportun manu militari, la vedette de la soirée
lui donne un tambourin pour quil batte la mesure - en rythme,
sil vous plaît ! - et lui fait même chanter la
fin du morceau. Ce genre dépisode est plutôt
rassurant : les concerts ne sont pas tous réglés comme
du papier à musique, les dérapages non contrôlés
sont encore possibles, ouf !
Pour conclure les rappels, alors quil a lair relativement
sobre, Christophe nous refait le coup du poivrot incapable
de jouer à la guitare une chanson - Non, non, non (je
ne suis plus saoul) - quil connaît par cur
(et quil a déjà jouée - correctement
- au début). Décidément, il est incorrigible,
mais cest sans doute aussi pour ça quon a une
certaine Tendre S pour ce bougre-là
Souhaitons à Kandid - qui assurait la première
partie en solo - une carrière aussi longue et fructueuse
que celle du chanteur qui flirte désormais (en studio) avec
Jane Birkin
Tout seul avec sa guitare devant 600 personnes,
Kandid a pu présenter ses morceaux dans la veine chanson,
pop ou folk à un public à priori plus difficile à
convaincre que celui de Raphaël,
qui lavait acclamé. Contre toute attente, le même
accueil chaleureux fut réservé au jeune auteur compositeur
et à ses chansons à la fois entraînantes, émouvantes,
naïves et réconfortantes. La période estivale
devrait être mise à profit pour enregistrer quelques
titres avec le groupe au complet en studio, suite des aventures
bientôt...
A lire également :
interview de Kandid et une chronique
de sa démo.
Sites Internet : www.christophemiossec.com,
www.kandid-music.com
Pierre Andrieu
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