Critique
du 16 février

Après une semaine de répétitions à
la Coopérative de Mai pour préparer une (très)
longue série de concerts, -M- et ses musiciens ont
brillamment démarré la tournée officieusement
intitulée En tête à tête. Un
peu stressé par une première - néanmoins réussie
- le vendredi 13 février, Matthieu Chédid sest
complètement lâché pour la Saint-Valentin avec
un set fleuve de plus de deux heures et demie donnant envie de dire
« Je taime » à la terre entière.
 
Peu avant 21 heures, cest sous les acclamations que D.J.
Shalom (platines, basse, batterie), Vincent Ségal
(guitare, basse, violoncelle magique), Cyril Atef (batterie,
percussions, platines, corps dathlète) et Sébastien
Martel (look de Phil Defer dans Lucky Luke, guitare,
banjo, ukulélé, guitare slide, flûte) arrivent
un à un dans le cur de limmense guitare rose
qui trône en fond de scène. Derrière un rideau,
-M- se profile alors en ombres chinoises avec sa guitare.
Après cette mise en scène inaugurale faite pour marquer
les esprits, le début du show est flamboyant et presque hard
rock (3 guitares, sans oublier les poses qui vont avec) ; Mon
ego est véritablement un titre parfait pour placer une
soirée sur les bons rails. La Coopérative de Mai est
par la suite plongée dans un Monde Virtuel grâce au
maître de cérémonie survolté et à
ses musiciens, à lavenant. Dès le troisième
morceau, -M- laisse la scène à Vincent Ségal
pour lintro du délicat La belle étoile
et en profite pour quitter son costume blanc lamé, pour mieux
revenir en arborant une magnifique veste noire avec col pelle à
tarte scintillant.
Si
-M- a choisi de ne pas se démasquer et de garder son
pseudo ainsi que sa coupe de cheveux, il se dévoile de plus
en plus dans ses chansons. Le nouveau spectacle permet de participer
à des délires rock (Quand je vais chez elle, Je
dis aime, Qui de nous deux), reggae (A tes souhaits, Manque
de Q) ou électro rock (Psykobug) mais se fait
aussi plus calme et pop (La corde sensible, Le radeau, Peau de
fleur, Sous ta peau, La fleur). Le cartoonesque héros
musical a gardé son exubérance scénique habituelle
mais, désormais, il sautorise plus régulièrement
des moments intimes avec son public. Un morceau permet même
de réconcilier les deux facettes du personnage : le lennonien
Ma mélodie commence tranquillement avec -M-
aux claviers, puis vers la fin du morceau, une guitare fusée
descend du ciel - comme par magie - permettant à la star
de la soirée de faire péter un solo danthologie
dont il a le secret. Après ses désormais traditionnels
solos en se roulant par terre, le guitariste émérite
en profite une nouvelle fois pour réaliser le rêve
de tout possesseur de six cordes ! Une petite suggestion pour la
prochaine tournée : des feux dartifices propulsés
depuis le manche comme ceux utilisés par Brian May
de Queen et
Didier Wampas, quand il est en forme.
On le savait déjà depuis ses débuts mais cest
toujours agréable à constater : dans un concert de
-M-, la folie fait son apparition à intervalles (très)
réguliers. Pour la tournée 2004, Mama sam est
réarrangé façon électro, ce qui autorise
le groupe à se lancer dans une chorégraphie boys band
quil poussera encore plus loin sur Psyckobug, à
la grande joie du public. Le groupe au complet improvise ensuite
un morceau sur le rythme des applaudissements. Un peu plus tard,
à la demande dun fan impatient de « Rock n
roll » -M- improvise un rock puis invite un spectateur
doué vocalement à pousser la chansonnette en yaourt.
Puis, comme la veille, un musicien présent dans lassistance
est invité à jouer son gimmick à la guitare
devant tout le monde, deux minutes de gloire avec le groupe au complet
derrière lui
Pour que la communion groupe/public soit
complète, de temps à autre des fans sont invités
à monter sur scène pour sasseoir sur les marches
roses, cela se termine souvent en déhanchements hilarants
derrière Matthieu.
Après l'interprétation de la B.O. des Triplettes
de Belleville (avec Vincent, Shalom et Cyril arborant
des masques assez hideux), cette soirée mémorable
se termine par linterprétation en solo de Machistador
(version presque électro ce soir), de lélégiaque
Ton Echo et du très Byrds En tête à
tête, le titre emblématique de la tournée
selon Matthieu Chédid. Cest donc sur un morceau
inédit ne figurant pas sur lalbum Qui de nous deux
que le groupe prend congé, sur une nouvelle pirouette réussie
donc
Toujours là quand il sagit de faire partager son succès
à ses amis (comme Franck Monnet en 2000 et Sébastien
Martel en 2003, invités à faire leurs preuves
en ouverture) , -M- avait invité cette fois ci Albin
de la Simone à jouer avant lui. Comme la judicieusement
remarqué un spectateur : « Cest quoi ça,
cest une première partie ? » Et oui, monsieur,
certains artistes nont pas la mémoire courte et se
souviennent de leurs débuts pas toujours faciles même
si aujourdhui des Zéniths complets se profilent à
lhorizon
Albin de la Simone a donc pu bénéficier
dun public rapidement acquis à sa cause grâce
à ses textes drôlement pince sans rire et à
ses musique entraînantes ou mélancoliques. Accompagné
par « Pascalou » (claviers, banjo, basse, churs)
le pianiste/chanteur discret mais drôle a sans doute donné
envie à de nombreuses personnes d'acquérir son excellent
premier disque. Lair de rien, -M- a fait preuve de
talent jusque dans le choix de sa première partie, la classe
A
consulter également : les chroniques des concerts de Sébastien
Martel et Albin
de la Simone.
Site
Internet officiel : www.qui2nous2.com
Photo Jean-Pascal Blache
Pierre Andrieu
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