JEAN-LOUIS MURAT CHANTE POUR KOLOKO
 


Critique du 30 juin

« Monsieur Jean-Louis Murat, vous travaillez trop… » C’est en substance ce que doit déclarer la personne chargée de son dossier (épais, le dossier !) chez Labels France chaque fois qu’elle voit débouler notre homme avec un nouveau projet sous le bras… Depuis Lilith - publié en le 26 août 2003 - les fans de JLM ont une bonne surprise tous les six mois : le dvd Parfum d’acacia au jardin est sorti le 17 février 2004, il sera bientôt suivi par Bird on a poire (ce titre, quand même…) le 31 août prochain, un nouvel album dont la primeur a été réservée au public rassemblé pour le troisième concert pour Koloko…

Après une première partie très décontractée donnant la part belle aux chansons peu interprétées sur scène extraites de Lilith et Parfum d’acacia au jardin (plus une superbe reprise de Neil Young - For the turnstyles - et des inédits - Ophelia et 1451 -), Murat et son fidèle sparring partner Fred Jimenez décident d’interpréter pour la première fois en public trois nouveaux morceaux. Le contraste est grand avec les envolées rock empreintes de folk et de blues où l’exceptionnel power trio JLM/Fred Jimenez/Stéphane Raynaud (souvent agrémenté de la présence des Rogojine, Jérôme Caillon aux chœurs et Christophe Pie à la guitare) donne sa pleine mesure sonique ; les titres de Bird on a poire se révèlent surprenants, décalés, audacieux et délicieusement désuets… Pendant ces instants, Murat délaisse sa guitare, se saisit des textes et chante tel un crooner pop, laissant Fred jouer de la guitare ou du piano sur les morceaux qu’il a composés. Les paroles, signées comme il se doit par le facétieux auvergnat, seront chantés en duo avec Jennifer Charles sur le disque ; cela donne donc lieu à quelques épisodes gratinés où Murat chante « Mon pauvre ami, vous bandez trop, mon pauvre ami, vous baisez trop... » en jubilant intérieurement de sa légendaire audace textuelle. A l’image de ce concert presque familial, où Murat - très en joie - sourit, prend des fous rires, indique les accords aux musiciens comme lors d’un répète, on ne devrait donc pas s’ennuyer en découvrant le fruit du travail acharné de celui qui compose chaque jour avec le majestueux Sancy en toile de fond.

Au milieu du set, les pompiers de l’association Clermauvergne ont récolté, en plus des 10 000 (Jean) Louis d’or (soit 6500 €) réunis grâce à ce concert, les applaudissements nourris d’un public reconnaissant pour leurs actions humanitaires menées en francs tireurs… Murat, lui, triomphera également comme une superstar et se verra rappelé pendant 10 minutes après le titre final, les Jours du jaguar, interprété seul au piano. Pas ingrat, il reviendra combler ce public qui a le béguin pour lui par une version rock apocalyptique et Crazyhorsienne de la même chanson. Merci Monsieur !

A lire également sur ConcertAndCo.com : des interviews de Rogojine en 2002 et en 2004 pour évoquer la sortie du disque Le bord de l’eau… et la rivière plate, une interview de J.L. Murat en octobre 2003 et un entretien où JLM évoque le concert humanitaire pour Koloko en juin 2003 et les chroniques de Lilith et Parfum d'acacia au jardin.

Sites Internet : www.clermauvergne.com, www.rogojine.com , www.jlmurat.com et www.labels.tm.fr

Pierre Andrieu

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