Critique du 27 novembre
Après son
concert mémorable en première partie de Kat
Onoma en novembre 2001, le retour dHawksley Workman
en tête daffiche à la Coopérative de Mai
était très attendu ! Cest donc dans un club
de la Coopé bien rempli que le groupe de Melun Elista
était chargé de lancer les hostilités
Gonflés à bloc, le quatre musiciens déboulent
sur scène et attaquent directement dans le vif du sujet avec
La vie à deux
Ce titre est très révélateur
du potentiel dElista : il est accrocheur, le texte
est simple mais bien troussé, les voix sont sobres, les guitares,
affûtées comme des rasoirs. Elista compose vraiment
des morceaux entêtants de rock français mâtiné
de pop et délectro. De plus, les quatre membres du
groupe présents sur scène (deux guitaristes/chanteurs,
un bassiste, un batteur) ont un contact très agréable
: ils sourient, présentent les morceaux en toute décontraction
et semblent être heureux de jouer les chansons de leur premier
disque au public
Depuis
son concert plein de promesses à Melun en juin 2003,
le groupe a eu le temps dacquérir une assurance et
une cohésion que beaucoup vont lui envier. Le groupe est
si à laise dans lenchaînement des futur
tubes (le vertigineux Mon ivresse (à lauroroute
A3), lexcellent premier single Debout, le hit dansant
Déçu du paradis, le planant Derrière
elle, lacide Tu es légère etc), que
la demi-heure impartie à Elista semble durer 5 minutes
Avec un bon album dans les bacs, des concerts réussis, et
déjà de nouvelles compositions prometteuses, Elista
va sans doute bientôt pouvoir goûter à livresse
de la vitesse sur lautoroute (A3) du succès
On savait déjà que le Canadien Hawksley Workman
était une flamboyante bête de scène, il
la confirmé de manière éclatante devant
un public enthousiaste et fervent
Sil est timide et
plutôt réservé dans la vie, H.W. se transforme
en super héros à la Bono/Freddie Mercury/Jimmy
Page dès quil monte sur les planches. Quand
tu montes sur scène pour faire un spectacle, cest mieux
de laisser ton côté ennuyeux dans les loges !
affirme-t-il
Le côté ennuyeux
est vraiment enfermé à double tour dans les loges,
on ne la pas vu de la soirée en tout cas !
Le jeune éphèbe arrive sur scène dans un t-shirt
transparent ultra moulant avec une casquette sur la tête.
Surexcité par le fait de jouer sur scène devant un
public chaud, le Lover/Fighter a les tétons arrogants
et semble prêt à passer à lacte pour contenter
ses fans en jouant ses morceaux. Dès le premier titre, le
jubilatoire et ultra énergique Tonight romanticize the
automobile, tout le monde semble fasciné par la présence
scénique, la voix, le jeu de guitare et la musique de lextravagant
personnage ! Certains trouvent quil en fait trop et que sa
musique à un côté classic rock un peu énervant.
Mais tout ceci est réalisé avec un tel talent, une
telle énergie et une telle excentricité que ces défauts
sont balayés par notre héros
du fameux coup de pied qui était la signature de Keith
Richards sur scène (avant son arthrose). Hawksley
Workman est en effet dune souplesse peu commune pour se
déhancher, réaliser des acrobaties avec ses cordes
vocales mais aussi pour composer avec facilité des hymnes
pour les stades (We will still need a song, Anger as beauty),
des ballades intimistes (Autumns here, Dirty and true,
No more named Johnny) ou des rock lascifs et explicites (Jealous
of your cigarette, Strip tease) à écouter sous
la couette à deux (ou trois)
Le seul petit regret par rapport au concert donnés en 2002,
sera labsence des moments théâtraux hilarants
qui avaient tant marqué la première fois quon
avait vu ce phénomène sur scène
Accompagné
par un groupe au taquet, Mr Lonely aux claviers (avec lequel
il sautorise quelques duos intimistes), un batteur, un bassiste
et un deuxième guitariste, Hawksley Workman
peut donner libre court à ses délires : solos de guitare,
envolées vocales, danses sexy. Enchanté par ce deuxième
accueil chaleureux à Clermont-Ferrand, la future star accorde
deux rappels (torse nu) salués par des salves dapplaudissements
enthousiastes. Puis lexubérant Canadien regagne les
loges pour retrouver un côté ennuyeux quon limagine
assez mal posséder réellement après une prestation
aussi brillante et enflammée !
A lire également : une
interview au festival de Sédières en juillet
2002 et des chroniques de ses concerts jubilatoires à Sédières
et Vienne.
Sites Internet officiels : www.elista.fr.st,
www.hawksleyworkman.com
Pierre
Andrieu
Vous pouvez également lire la chronique de Jean-Michel
Planat
|